NOS OBJECTIFS


Etre vivants sans s'occuper de l'air du temps
Vivre l'instant à tout moment réinventé.

Nos motivations
Elles proviennent essentiellement de nos différentes confrontations avec la mort autour de nous, au cours de notre vie.
Par rapport à la mort...
- Elle est ressentie comme irrationnelle et absurde, elle entraîne inéluctablement le refus de mourir.
- Elle est aussi effrayante pour le mourant, aussi révoltante, aussi traumatisante à 20 ans qu'à 90 ans.
- Sa proximité peut déclencher ou amplifier un bouleversement important quant au mystère de l'existence.
- Regarder sa propre mort en face n'a rien à voir avec regarder la mort de l'autre en face, fut- il très proche...
Par rapport à la dignité...
- La mort qui approche est souvent inscrite dans une logique d'exclusion : le malade n'est plus productif, il n'est plus rentable, il est vieux, il n'a plus d'intérêt : il lui
faut disparaître... pour modifier le regard qu'autrui porte sur ce qu'il est devenu ou entrain de devenir...
- La capacité du malade à se ressentir comme "être de dignité" est bien plus aléatoire, bien plus fragile qu'il n'y paraît. Elle dépend de son expérience présente et du
regard de l'autre : que devient ma dignité si l'autre me la réfute, me la refuse, ou la piétine ?
- Le respect de
la dignité passe donc par l'attention particulière d'autrui.
- La reconnaissance sociale (par l'accompagnement par exemple) contribue avec les soins à répondre au désir du malade de recouvrer la santé, d'aller mieux, de jouir à nouveau de sa conscience et
de sa personnalité, de retrouver des réponses adaptées à ses désirs.
- La dignité implique l'estime de soi, le maintien
d'une image identitaire. Elle relève d'un consensus social des mentalités propres à une éthique.
- C'est la mort qui, par sa cruauté, pose problème, et non pas l'état du sujet qui l'évoque, qui la rencontre, qui s'y résigne.
Ce texte a été fortement inspiré d'une conférence faite par le Docteur Viallard de l'UMSP de Vannes sur "La mort du sujet âgé".
Par rapport à la vie qui reste...
- Même dans la faiblesse extrême... même dans une totale absence de communication due aux handicaps, le malade vit en lui un travail incessant vers la finitude, le pardon, la rencontre avec l'autre...
- La présence d'une personne qui a du temps, de la disponibilité, de l'attention, est essentielle lors de ces moments d'intense vie où la communication devient, par défaut, non verbale, lorsqu'il n'est plus possible que de communiquer par le regard, le geste hésitant, le mouvement imperceptible...
Nous souhaitons donc, par notre accompagnement, participer à la solidarité humaine globale et ainsi aider celui que, peut-être, nous deviendrons plus tard…

Nos buts
Par notre action, nous souhaitons construire une société civile plus respectueuse de son prochain. Nous souhaitons apporter un "soin-citoyen" au souffrant et prouver ainsi que la société est toujours soucieuse de la vie d'autrui.
Nous désirons authentifier la profondeur et la gratuité de la présence d'un simple être humain aux côtés d'un autre être humain confronté à la mort, et lui apporter une véritable compassion, en totale humanité.
Nous désirons aller vraiment à la rencontre du souffrant, contribuer par notre présence à ses côtés, à améliorer autant que faire se peu la qualité de sa vie, car un malade reste entièrement et totalement
vivant jusqu'à son dernier souffle...
Nous souhaitons, plus concrètement :
- Soutenir le malade, cheminer avec lui, lui tenir la main durant son épreuve,
- Lui montrer par notre présence, que la société civile dont lui et nous faisons partie, ne le délaisse pas.
- Faciliter son expression,
car nous n'avons ni la proximité du parent, ni la blouse du soignant.
- Soutenir parfois aussi sa famille dans sa difficile épreuve.
- Proposer au malade et à sa famille des possibilités d'échanges dans la vérité.
- Faire cheminer le malade vers une acceptation, source de quiétude et de réconciliation.
Le rôle du bénévole est d'amener le malade à une plus grande compréhension de ce qu'il vit, jusqu'à l'ultime départ, pour que celui-ci soit le plus magnifique possible...tout ceci dans un dialogue, un échange avec les professionnels soignants, avec pour unique souci, la qualité d'accompagnement du malade.
Sur un sentier raide et pierreux
J'ai rencontré une petite fille
Qui portait sur le dos son jeune frère.
"Mon enfant, lui ai-je dit,
Tu portes un lourd fardeau."
Elle me regarde et dit :
"Ce n'est pas un fardeau, Monsieur,
"C'est mon frère."
Je restais interdit,
Le mot de cette enfant courageuse
S'est gravé dans mon coeur.
Et quand la peine des hommes m'accable,
Et que le courage me quitte,
Le mot de l'enfant me rappelle :
"Ce n'est pas un fardeau que tu portes,
"C'est ton frère."
- Lu dans le Guide à l'usage des famille, des Editions du Pallium -
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